vendredi 6 octobre 2017

Au-delà du polyamour

Jeanne-Moreau dans le film de François Truffaut "Jules et Jim"

Une longue chaîne d’amants sortit de la prison dont on prend l’habitude. 
(Paul Éluard)

Une révolution tranquille est en marche dans nos mœurs amoureuses. Elle nous concerne toutes et tous et avance subrepticement dans l’intimité de nos cœurs et de nos foyers. Pour la présenter, on pourrait paraphraser Saint-Just qui disait en son temps que « la liberté est une idée neuve en Europe ». Nous sommes, en Occident au début du XXIème siècle, en train de sortir de plus de 2000 ans de conditionnement judéo-chrétien, et cela se traduit par l’union de la liberté et l’amour dans une nouvelle vision de la relation amoureuse. Cette évolution s’inscrit dans le prolongement du grand mouvement qui, depuis le début du XXème siècle, se traduit dans la redéfinition des relations entre hommes et femmes, et finalement dans la déconstruction des genres sexuels. Ce mouvement de l’inconscient collectif qui renouvelle les relations entre le masculin et la féminité est peut-être le progrès le plus significatif depuis des millénaires, bien plus important que nos avancées technologiques et notre croissance économique, car il touche à notre humanité même. En effet, nous voyons par-là émerger dans la conscience collective une idée d’un être humain total, unissant en lui-même le masculin et la féminité sans être défini de façon restrictive par un genre sexuel, et s’avérant capable d’un amour entièrement libre qui se manifeste bien souvent par le fait d’entretenir plusieurs relations amoureuses simultanément, chacune reflétant toutes les facettes de sa totalité. On appelle cette vision de l’amour le polyamour, du grec «poly » signifiant « plusieurs », comme dans polythéisme, le fait de référer à de multiples dieux.

Dans un de mes rêves, il m’était dit qu’avec l’avènement des mariages multiples, nous entrerions dans le XXIIIème siècle. Bien sûr, nous n’y sommes pas. Tout au plus sommes-nous en train de défricher le chemin qui permettra aux futures générations d’établir ce qui aujourd’hui semble une avancée marginale comme la norme sociale. Pour l’instant, cette idée se heurte évidemment à beaucoup de résistances. La plupart des gens préfèrent entretenir l’illusion romantique d’un amour unique et définitif, qui va avec la petite maison dans laquelle ils vieilliront au coin de feu avec leur bien-aimé(e), avec pour horizon le cimetière où ils auront un caveau commun. Et puis il s’en trouve d’autres pour oser vivre ce qui semble impossible à la plupart. Quand on n’y connait rien, on croit volontiers que le polyamour, c’est une affaire d’hommes, une autre façon qu’ils auraient de légitimer une tendance toute masculine à l’adultère, alors que ce sont des femmes, essentiellement, qui ont lancé l’idée polyamoureuse. L’article fondateur a été écrit par Morning Glory Zell en 1990 et s’intitule «  A bouquet of lovers[1] ». Dans ma pratique d’écoute des rêves, je constate qu’il y a beaucoup plus de femmes osant le polyamour que d’hommes. En fait, il semble que ces derniers se soient toujours mieux accommodés du mensonge leur permettant de cloisonner leurs multiples relations amoureuses, mais les femmes accédant à la liberté réclament la vérité, la transparence. Cela soulève beaucoup de questions bien sûr. Comme le disait Jung en 1925, il est confortable de vivre dans le passé car alors la tradition apporte des réponses aux interrogations qu’on évite d’explorer, mais vivre dans le présent implique de s’assoir sur des questions brûlantes.

Le polyamour signe la fin du mirage de l’exclusivité amoureuse et sexuelle érigée en idéal. Il faut bien comprendre qu’il y a un rêve derrière ce mirage, à savoir le rêve de rencontrer une personne qui pourrait être « tout » pour nous, tandis que nous serions tout pour elle. C’est un rêve de fusion dont nous verrons qu’il vise dans le fond à combler une blessure narcissique et à nous ramener à la seule relation totale que nous avons jamais eu, à savoir l’identité psychique avec notre mère dans son ventre. Derrière le rêve, il y a une construction sociale qui va avec la définition figée des genres dont nous avons hérité. Il est intéressant de savoir que l’amour romantique est une invention de l’Occident vers le XIIème siècle, après l’écrasement de la fine fleur de l’amour courtois. Auparavant, l’amour est surtout une transaction économique entre deux familles qui décidaient, un peu partout dans le monde, d’unir leurs enfants qui en venaient éventuellement à s’aimer à force de partager les défis de l’existence. Et puis, avec Tristan et Iseult[2] est venue cette idée de l’amour fou et éternel que nous ne pourrions vouer qu’à une seule personne. Mais si l’on en revient à la dimension sociale et il faut bien le dire, commerciale, du mariage, l’exigence d’exclusivité amoureuse était donc surtout la conséquence d’un acte de propriété qui faisait qu’une femme appartenait à un homme. Et encore aujourd’hui, c’est un énoncé de propriété.

Il était admis que les hommes eux, faisaient bien souvent ce qu’ils voulaient. Encore aujourd’hui, et jusque chez des personnes fort cultivées, on rencontre ce préjugé qui voudrait que la structure psychique des femmes les prédispose à n’avoir qu’un seul partenaire tandis que les hommes seraient, par nature, portés à multiplier les amours. On invoque en particulier la biologie pour justifier de tels préjugés, en oubliant que ce qui caractérise justement notre évolution collective, c’est que nous nous affranchissons de la biologie. Ce trait psychique peut avoir son sens quand il est question de reproduction biologique et de constitution d’une famille, mais s’évapore quand la contraception délie les relations amoureuses de la reproduction. Un autre préjugé, qui va avec le précédent, voudrait assimiler le polyamour à la polygamie. Or la polygamie est une coutume caractéristique de sociétés qui ne sont pas encore entrées dans la modernité et ne reconnaissent pas l’indépendance de la femme par rapport à l’homme : elle est la propriété du père, du frère ou du mari. La polygamie avait généralement une fonction économique et de survie. Il était ainsi fait obligation dans le désert d’Arabie au frère d’épouser la veuve de son frère défunt pour ne pas la laisser seule, ce qui aurait signifié sa mort. Mais cela va aussi avec le fait que dans ces sociétés, la femme est considérée comme une marchandise échangée contre quelques chameaux, c’est-à-dire une richesse. La polygamie asiatique est un peu différente puisqu’en Chine traditionnelle, il était admis qu’un homme épouse une jeune femme par amour une fois son devoir familial rempli auprès de sa première épouse, qu’il n’avait généralement pas choisi. Cependant le polyamour émerge de prémisses complètement différents, au premier chef desquelles il y a l’indépendance amoureuse et économique de la femme comme de l’homme, leur entière égalité, et le refus de laisser la société se mêler de notre intimité amoureuse.

Jules et Jim
On pourrait croire que le polyamour est une aberration proprement occidentale qui va avec ce que nos passéistes appellent le déclin de la civilisation. Nous ne pouvons que nous féliciter en effet du déclin du patriarcat ancestral qui fondait leur idée de la civilisation, dont la barbarie n’est plus à démontrer dans la façon dont elle a traité les femmes et les autres cultures. Parmi celles-ci, il semble qu’il y ait plusieurs exemples de société polyamoureuse. Chez les Iroquois, la femme choisissaient ses partenaires amoureux et pouvaient en avoir plusieurs. De façon plus significative encore, les Mayas et les Incas, chez qui hommes et femmes pouvaient avoir plusieurs partenaires amoureux officiels, semblent avoir institutionnalisés les mariages multiples. Leur nombre était indicateur, semble-t-il, de la qualité et l’ampleur de leur énergie car il fallait avoir la capacité d’entretenir ainsi plusieurs relations sans qu’aucune n’en souffre. En Occident au XXème siècle, le polyamour était envisagé sous le terme de « relations ouvertes », et nous en avons des exemples célèbres avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, et avec le trio Carl Jung, Emma Jung et Toni Wolff. Du point de vue jungien, cette relation en particulier est emblématique mais n’est pas sans soulever des questions sur lesquelles je reviendrai plus loin.

Le polyamour est en fait la réponse contemporaine sans doute la plus de pointe à un très vieux problème. Il est impossible d’empêcher un cœur d’aimer. On a beau mettre un couvercle social dessus, y ajouter de bonnes résolutions et de grands serments, un idéal ou une Bible : le cœur est autonome dans ses battements. C’est un fait de nature. La nature, c’est ce qui arrive même si on ne le veut pas, même si on essaye de dresser l’animal humain pour qu’il s’abstienne. Dans les faits de nature, il y a le besoin de manger et de boire, de déféquer, de rêver et d’aimer, et l’être humain se meurt quand on l’empêche de satisfaire ces besoins. Le problème, c’est que comme l’amour libre n’était pas admis socialement et qu’on a fait toute une salade judéo-chrétienne du serment de fidélité dans le mariage, l’amour a toujours été dans une grande mesure clandestin et adultère. Car comme le souligne Osho, il n’y a pas de pire « tue l’amour » que le mariage, c’est-à-dire le fait qu’il n’y ait plus de risque amoureux. Et depuis toujours, la solution est donc le mensonge adultère. Cela alimente l’essentiel de notre littérature et notre cinéma de drames sans fin et, dans le fond il faut bien le dire, sans grand intérêt. Le polyamour, c’est la reconnaissance de ce fait de nature qui veut que nous ne commandions pas à notre cœur, et qu’il ne sert à rien de le réprimer car il se venge inéluctablement. Il vaut donc bien mieux le laisser vivre dans la vérité, c’est-à-dire en toute conscience. Nous verrons que c’est justement de cela dont il s’agit, d’un chemin de conscience dans lequel le conflit ne peut être exclu…

La psychologie explique bien ce qui se passe dans le fait de tomber amoureux, et pourquoi l’amour ne saurait généralement rester cantonné éternellement à une seule relation. Il est important au prime abord de différentier justement l’amour, qui est vie du cœur, appréciation de l’autre et relation qui ne cesse de s’approfondir en conscience, de la projection amoureuse, ce que nous désignons comme « tomber en amour », que les anciens nommaient aussi « passion » et qui est vouée à être temporaire. Un des immenses apports de la psychologie des profondeurs de Jung est d’avoir mis en lumière qu’il y a une femme  (l’anima) dans l’homme et un homme (l’animus) dans la femme. Quand nous tombons amoureux, et pour nous en tenir à l’équation simple[3] d’une relation entre homme et femme, nous projetons cette anima ou cet animus sur la personne qui suscite notre passion. C’est pourquoi cette personne nous parait si unique : elle nous tend un miroir dans lequel nous contemplons notre double en vérité. Cela pose tout le défi de conscience des relations amoureuses dans lequel il ne s’agit pas en fait de faire durer cette illusion le plus longtemps possible, et de s’enfuir quand la lune de miel est terminé, mais au contraire de retirer la projection pour voir et aimer la personne réelle. C’est autrement plus difficile que de passer d’une passion à l’autre. C’est d’ailleurs le meilleur sinon le seul argument en faveur de l’exclusivité amoureuse : l’approfondissement de l’intimité réclame un face à face qui va avec l’engagement dans la relation, et celle-ci dans ses premiers stades réclame qu’on évite de disperser l’énergie amoureuse.

Le polyamour est le laboratoire dans lequel nous pouvons le plus clairement observer les jeux de l’anima (la féminité intérieure de l’homme) et de l’animus (le masculin intérieur de la femme). Il n’y a pas de polyamour s’il n’y a pas un engagement profond dans les relations amoureuses, mais nous verrons que la vision polyamoureuse renouvelle ces notions d’engagement et de fidélité inséparables de la recherche d’intimité. Pour qu’il y ait polyamour, il faut donc qu’il y ait au départ un engagement profond et réel dans une relation : le polyamour n’est pas papillonnage. Et dans cet engagement, sans qu’il y ait quoi que ce soit à reprocher au partenaire habituel, voilà qu’il y a un coup de cœur à l’extérieur du couple et l’exigence d’aller voir, et surtout vivre, ce qu’il y a dans ce cœur qui se met à battre. La psychologie nous invite à aller voir ce qui se projette dans ce nouvel amour, qu’est-ce qui appelle là, qu’est-ce qui réclame d’être vu et vécu. Si tout va bien, cela peut être fait dans la transparence avec le partenaire initial qui s’en trouve lui-même libéré de toute obligation d’exclusivité, et c’est alors que nous entrons dans une situation polyamoureuse dans laquelle chacun des partenaires peut, en continuant d’entretenir sa relation principale, explorer les différentes facettes de son anima / animus en relation. Cela ne signifie pas nécessairement de vivre tous ensemble ou de partager différents degrés d’intimité, mais cela ne l’exclue pas non plus. Ce qui importe, c’est qu’il y a à la fois engagement à préserver la relation dite principale et entière liberté des deux partenaires dans cette relation. Cela implique un très haut degré d’amour, que mon mentor et ami Nicolas Bornemisza appelle[4] « l’amour expansif », un amour qui tend vers l’universel au-delà du personnel. Nicolas a cette belle formule qui résume toute l’évolution requise :

Le cœur humain ne se divise pas, il se multiplie.


Jules et Jim
Bien sûr, cela n’exclue pas de vivre des conflits, de la jalousie, etc. C’est humain, et mieux, c’est inévitable et nous verrons que cela nous rend, si nous acceptons d’aller au bout des implications du vécu amoureux, un immense service. Nous sommes tous et toutes câblé(e)s avec un cerveau limbique hérité des mammifères, et dès lors, un fort instinct territorial qui s’étend à notre partenaire amoureux. La jalousie, c’est quand cet instinct territorial se réveille. Mais ce qui nous distingue en tant qu’êtres humains, c’est que nous avons une capacité de conscience indépendante du cerveau limbique et qui nous permet de ne pas être agis par nos émotions. Il est naturel que nous ressentions une violente insécurité quand notre source d’amour semble être menacée de se détourner de nous, mais cette insécurité est essentiellement le rappel d’une blessure narcissique bien antérieure à la relation. C’est donc ce que nous faisons avec notre insécurité et notre jalousie qui est réellement déterminant : en faisons-nous une exigence limitative pour l’autre, ou acceptons-nous de jouer le jeu de l’amour jusqu’au bout en les exprimant mais en laissant l’autre entièrement libre ? Il n’y a pas de croissance de la conscience sans conflit, nous explique Jung, et les relations sont l’espace où la conscience est la plus fondamentalement sollicitée pour sa croissance. On sait que les moines tibétains entourant le Dalaï Lama sont aussi sujets que nous à la peur et à la colère quand survient un incident déclencheur, mais leur pratique de la méditation leur permet de ne pas se laisser dominer par celles-ci. Le polyamour réclame de chacun(e) des partenaires qu’il/elle s’ancre dans la conscience, au centre, et apprenne à dominer son cerveau émotionnel. J’oserai dire qu’il y a là une véritable voie spirituelle pour notre temps, une voie dans laquelle le chercheur spirituel plonge dans le feu transformant des relations et se laisse emmener par l’amour jusqu’à la plus grande expansion de conscience possible.

Jung a vécu une telle relation polyamoureuse quand, après avoir épousé Emma Jung, il a rencontré Toni Wolff. Leur relation semble par bien des côtés exemplaires. Il semble que Toni soupait régulièrement à la table des Jung et avait sa chambre dans la maison familiale, ce qui dans la Suisse bourgeoise du milieu du XXème siècle était extravagant. Cela a été possible, selon le témoignage d’Aniéla Jaffé, secrétaire de Jung, parce qu’il n’y a jamais eu de « manque d’amour » entre eux, et particulièrement entre Carl et Emma. Quand Toni est décédée, Jung n’a pas pu se rendre à l’enterrement car il était malade et c’est Emma qui y est allée. Elle a alors rendu hommage à Toni en disant qu’elle avait apporté à Carl, dans une période critique de sa vie, quelque chose qu’elle, son épouse, n’aurait pu lui donner. Là, selon moi, est une véritable preuve d’amour, d’un amour entier pour la personne entière. On trouve là le sel de la recommandation d’ailleurs des jungiens (par exemple Toni Wolff[5] elle-même) quand notre partenaire amoureux rencontre quelqu’un qui  fait battre son cœur : rencontrer cette personne et voir ce qu’elle a de différent de nous, ce qu’elle amène à notre partenaire et que nous ne saurions lui amener. Alors, sur la base de notre amour commun, il est bien possible que nous fassions de cette personne un(e) ami(e). Jung lui-même disait des deux femmes de sa vie qu’Emma avait été la fondation de sa maison tandis que Toni en avait été la fragrance. Cela nous amène à un point très important : dans le polyamour, chaque relation est unique, car chaque personne est unique. Les relations sont différentiées, ce qui permet à chacune d’être vécue dans sa plénitude et son unicité, sans faire d’ombre aux autres relations. Dans chaque amour, c’est l’Unique finalement qui est aimé, c’est  l’unique qui tend vers l’Unique, et ce mouvement réclame que soit respectée, et mieux chérie, l’unicité de chacun des protagonistes et de chaque relation.

Il serait dangereux cependant d’idéaliser la relation de Jung et d’en faire un modèle de relation polymoureuse. On peut simplement dire qu’il a été parmi les premiers à se confronter consciemment au problème. Parmi les réserves qu’on peut invoquer, il y a le fait qu’Emma n’a pas, à notre connaissance, eu de relations extra-conjugales. Or tant qu’à vivre le polyamour, il est important qu’il soit réciproque et qu’on ne goûte pas seulement les joies de la liberté, mais aussi le feu transformant de l’insécurité. Jung a vécu celle-ci cependant à chaque fois qu’Emma, excédée, a menacé de le quitter et sa biographe fait remarquer qu’au cinq reprises connues où cela est arrivé, il est tombé malade. Il n’était donc pas prêt à laisser sa femme voler de ses propres ailes, et nous ne devrions jamais minimiser la souffrance qu’a vécu Emma, sans doute préoccupée de maintenir l’unité de son foyer pour leurs cinq enfants. Plus fondamentalement, on peut interroger la nature de la relation entre Carl et Toni qui pourrait avoir tenu d’une forme d’inceste psychologique car il s’agissait d’une de ses jeunes analysandes quand il en est tombé amoureux. Il y a donc eu « passage à l’acte » du point de vue thérapeutique. Mais surtout, comme je l’explique dans un autre article[6], on peut questionner le fait que Toni n’a pas eu une vie indépendante du rôle de porteuse d’anima que lui faisait tenir Jung dans sa vie. Là aussi, il a échappé au véritable risque polyamoureux qu’il aurait couru en la laissant avoir sa propre vie amoureuse indépendante de lui. On peut se demander s’il ne l’avait pas annexé au service de sa propre psyché masculine, et ce manque d’indépendance est absolument contraire à l’esprit du polyamour. Mais on peut reconnaître à Jung qu’il s’est courageusement exposé au fond du problème, ce qui lui aurait valu de dire un jour que :

« Le problème de l’amour est difficile au point que vous pouvez vous estimer heureux si, à la fin de votre vie, personne n’a fait naufrage à cause de vous. »


Carl Jung et Toni Wolff
Finalement, je crois avec Nicolas Bornemisza que l’émergence du polyamour va avec celle d’une nouvelle féminité, et en particulier avec l’avènement de ce qu’il appelle « la nouvelle femme » qui assume pleinement sa liberté, son autonomie tant sexuelle que spirituelle. Cette évolution concerne aussi les hommes qui intègrent pour certains plus que jamais leur féminité intérieure et sorte du carcan que leur a imposé, autant qu’aux femmes, le patriarcat. On voit se dessiner à travers celle-ci le retour du Féminin sacré que Jung appelait de ses vœux et sur lequel je me suis déjà exprimé ailleurs en soulignant qu’il se manifeste en particulier dans l’archétype de l’Amoureuse. Ainsi que je le disais plus haut, je connais plus de femmes que d’hommes prenant le risque d’oser vivre une vie amoureuse libre, et il faut souligner que cela implique bien souvent qu’elles concilient cette exigence de liberté avec des enfants, un travail, etc… ce qui constitue un exploit. Je leur rends hommage car elles font preuve bien souvent d’un véritable héroïsme au service de leur intégrité. Bien sûr, elles sont souvent écartelées par des exigences conflictuelles, mais il faut alors leur rappeler ce qu’écrivait Jung à une femme déchirée entre ses obligations familiales et sa vie professionnelle :

« Ne doutez pas de la justesse de vos deux visages et laissez advenir ce qui doit advenir. […] Ce conflit apparemment insupportable est la preuve de la justesse de votre vie. Car une vie sans contradiction intérieure est soit une demi-vie, soit une vie dans l'au-delà – une vie cependant réservée aux anges. Mais Dieu préfère les hommes aux anges. »

Mais alors, quelles notions pouvons-nous dès lors avoir de l’engagement et de la fidélité dans un contexte polyamoureux ? Dans le cadre de l’exclusivité amoureuse, il s’agit au fond de réprimer nos élans amoureux pour garantir la pérennité du couple. Quand on ne parvient pas à châtrer ainsi nos cœurs, on sait ce que cela donne : les redoutables conflits du mensonge entourant l’adultère. Mais s’il est admis que tous les partenaires de la relation amoureuse sont entièrement libres, alors l’engagement n’est pas par rapport à l’autre, en forme de « je ménagerai ton insécurité », mais dans la relation. L’affirmation fondamentale de cet engagement devient : « Peu importe qui je rencontrerai, ce que je vivrai, je continuerai à prendre soin de notre relation. Même si mon cœur s’ouvre à un(e) autre, je continuerai à amener de l’amour dans notre relation. » Le premier engagement est à la transparence, c’est-à-dire au fait de dire la vérité de son cœur. Et cet engagement s’approfondissant, il offre la seule véritable sécurité possible dans la relation, qui est celle de la réalité du dialogue en conscience qui en fait une « relation sacrée ». Dans cette relation sacrée, il ne s’agit pas de tout se dire, de se rendre des comptes, mais il y a cet engagement à se dire l’essentiel, à savoir tout simplement si le lien d’amour qui unit les partenaires est encore vivant. De même, la fidélité n’est plus fidélité exclusive à l’autre mais fidélité à la relation : « Ce n’est pas parce que j’en aime un(e) autre que je te retire mon amour. Mon cœur s’agrandit, il ne se rétrécit pas au lavage par la vie. » Sur ce point de la nature véritable de l’engagement non contradictoire avec la liberté qui est l’essence même de l’amour, je ne saurais que recommander la lecture du merveilleux ouvrage de Christiane Singer : Éloge du mariage, de l’engagement et autre folie.

La problématique du polyamour semble inévitable à notre époque à différents titres. Elle va en particulier avec l’ouverture de cœur que vivent beaucoup de personnes s’engageant dans un chemin de conscience, et pose la difficulté d’un fréquent retard de la maturité affective sur la maturité spirituelle : les projections amoureuses sont volontiers confondues avec l’établissement d’une relation d’amour approfondie. Dans notre monde où la fonction sentiment a été généralement dévaluée en même temps que la féminité de l’être, on peut voir dans le polyamour une revanche du cœur sur la raison et un juste retour de la fonction sentiment qui réclame la primauté. Enfin, la remise en question de nos mœurs amoureuses pour y introduire plus de conscience participe du grand mouvement de déconstruction des institutions sociales dans la façon dont elles nous modèlent psychiquement, et va dans le sens de l’émergence d’individus entiers, unissant en eux-mêmes le masculin et la féminité et visant à l’autonomie psychique dans la liberté. Mais il ne faudrait pas négliger non plus l’ombre du polyamour qui pourrait tenir dans une justification du papillonnage amoureux et de l’absence d’engagement. Ce n’est en effet pas un hasard si ce mouvement a pris son essor en Occident dans la dernière décennie du XXème siècle, c’est-à-dire dans le contexte du libéralisme triomphant. Nous nous devons d’interroger en quoi le polyamour pourrait participer d’une forme de consumérisme amoureux propre au capitalisme sauvage et réduisant la relation amoureuse à un échange de service sexuels et affectifs entre partenaires interchangeables. Plus que jamais, le polyamour questionne la conception que nous nous faisons de l’amour…

Tout ceci étant dit, j’en suis parvenu pour ma part à la conclusion que ces discussions pour ou contre le polyamour tournent autour d’un faux problème. La réalité, c’est simplement que nous ne commandons pas à notre cœur, et que comme la Porteuse du Graal, bien nommée Conduir-Amour, il nous montre le chemin de notre plus grande croissance en conscience. Cependant, entre l’exigence d’exclusivité amoureuse et celle de la liberté, il y a deux opposés irréductibles qui font tout autant partie de la nature de l’amour. Car le désir d’exclusivité aussi est naturel, tout autant que celui de liberté. L’amour est une occasion de tenter de concilier ces contraires en conscience, et il faut se garder de faire du polyamour une autre idéologie. Il y a des moments pour être engagé dans une seule relation et d’autres pour être dans l’ouverture. Mais comme le dit le poète Khalil Gibran :

« Lorsque l’amour vous fait signe, suivez-le… »[7]

Et cela même si cela nous amène au centre du feu. C’est ainsi qu’on purifie les métaux pour en faire ressortir l’or inaltérable, image alchimique de la conscience. Ne pas suivre l’amour quand il nous fait signe revient à se tuer, à tuer la vie qui coule en nous. Honorer l’amour quand il survient dans notre existence, quels que soient les défis dans lesquels il nous entraine, c’est entrer dans la véritable ouverture du cœur qui ne craint pas de pleurer toutes ses larmes pour pouvoir vivre toutes ses joies aussi. Dans un monde dominé par la rationalité, c’est redonner la primeur au sentiment et à la vie du cœur sur toute raison, parce que finalement, quand nous quitterons ce monde, nous n’emmènerons que l’amour que nous avons vécu, le miel des abeilles éternelles que nous sommes. Mais alors, la véritable question au-delà de ces discussions sur le polyamour est :

Que mettez-vous dans votre amour ? Quelles sont vos attentes dans l’amour ? Qu’y projetez-vous ? Tentez-vous, à travers l’amour, de combler une insécurité fondamentale, un vide que l’autre ne pourra jamais remplir et qui vous laissera donc toujours insatisfait(e) ? Ou faîtes-vous de l’amour votre guide vers une vision élargie de la Vie ? Faites-vous de l’amour une affaire personnelle de petits égos en quête de sécurité, se perdant dans leurs rêves, ou vous laisserez-vous traverser par l’Amour ?


Le déclencheur pour moi de cette réflexion a été un texte remarquable de Elie G. Humbert intitulé Ici et maintenant est une blessure[8], dans son livre La dimension d’aimer. Il interroge la douleur qu’on peut ressentir quand notre partenaire aime une autre personne et que tout d’un coup, on vit le sentiment d’abandon. Il montre qu’au fond de notre demande d’être aimé exclusivement, il y a ce qu’on appelle la blessure narcissique, c’est-à-dire la douleur de l’enfant séparé de sa mère et qui perd ainsi sa sécurité fondamentale. Il a des mots forts, des mots que l’on peut trouver terribles, qui font mal tellement ils sont justes, tellement ils mettent directement le doigt sur la partie la plus sensible de notre être :

« Suivez maintenant la ligne de votre demande. Qu'est-ce qu'on demande? On demande d'être aimé? Ce n'est pas vrai. On demande d'être préféré. Encore tout récemment, j'entends une amie qui dit à son mari: « Mais, enfin, est-ce que ce n'est pas la chose la plus légitime du monde? La seule chose que je te demande c'est que tu me dises que tu m'as choisie. » Mais c'est atroce. Oui, c'est atroce. Pourquoi? (C'est tellement naturel, hein?) C'est atroce parce que vous demandez à un compagnon ou à une compagne d'être au service de votre blessure narcissique et il ou elle n'a vraiment pas été fait pour ça. Mais, encore ça, ça serait seulement une erreur. Mais pourquoi atroce? Parce que tant que vous lui demandez ça vous ne le ou la rencontrerez pas. »

Ce faisant, il pose tout le problème qui est mis à nu par le vécu polyamoureux. Allons-nous continuer à entretenir une illusion romantique, et dans cette illusion, à éviter de nous rencontrer vraiment ? Devons-nous servir nos blessures narcissiques respectives, ou sommes-nous capables de les prendre en charge en conscience pour nouer des relations pleinement conscientes, dans lesquelles chacun(e) est invité(e) à oser sa liberté, son entièreté et son indépendance affective ? Et finalement, la grande question : notre amour est-il libre de notre blessure narcissique, ou sert-il seulement à tenter de la guérir ? Elie G. Humbert montre que la seule façon d’éviter de se perdre dans le rêve d’une mère de substitution qui comblerait tous nos besoins est d’accepter de descendre dans la blessure, ce qui nous amène dans la vérité de l’instant présent. Au fond, c’est la qualité de notre relation d’amour avec nous-mêmes qui conditionne la relation d’amour avec autrui, et c’est à celle-ci qu’elle nous reconduit inéluctablement si nous ne voulons pas entretenir d’illusion. Ainsi l’amour, jusque dans les blessures qu’il inflige, est un chemin de connaissance de soi. La blessure narcissique ne peut être guérie par l’autre. Elle ne peut être guérie que par l’amour total de soi, qui offre une base saine à l’amour d’autrui.

Ainsi, par exemple, la jalousie bien naturelle est-elle empoisonnée par la blessure narcissique dès lors qu’elle s’accompagne d’une auto-dévalorisation subtile qui nous murmure à l’oreille : « Si la personne aimée se tourne vers un autre, c’est que cet autre est mieux que moi. Il a quelque chose que je n’ai pas, et dans le fond, je ne suis pas digne d’être aimé. » Mais si l’on accepte que personne ne saurait être « tout » pour autrui, et que chaque être est unique, il n’est plus question de plus et de moins mais seulement de possibilités de relations qui se présentent : « avec telle personne, je rencontre mon côté artiste et ma dimension spirituelle, et avec telle autre, ce qui m’est offert, c’est l’enracinement dans le quotidien. » Les relations sont à chaque fois uniques, ne se comparent pas. On sait qu’on est dans le piège du mental dès lors que l’on compare des choses qui n’expriment leur être que dans leur unicité. La seule façon de sortir du piège de la blessure narcissique, c’est de s’accepter entièrement dans tout ce que l’on est et ce que l’on est pas, incluant nos manques et nos défauts, et c’est donc l’entier amour de soi. Sans amour de soi, que vaut l’amour d’autrui ? On le voit bien quand il nous déçoit. La haine de soi devient haine de l’autre, le doux vin de l’amour a tourné en vinaigre.

Finalement, il apparait donc que le véritable enjeu derrière le polyamour, c’est comment l’amour peut être un facteur décisif de croissance et d’élargissement de la conscience. Pour cela, il faut enfin dépasser la dimension personnelle de l’amour et entrer dans le mystère de l’amour expansif, c’est-à-dire dans la compréhension que derrière chaque partenaire amoureux, il y a un(e) Bien-Aimé(e) qui est recherché(e) et qui prend forme dans notre vie. C’est encore la psychologie des profondeurs qui l’explique le mieux, en partant du fait que ce que nous recherchons dans la relation amoureuse, ce n’est pas tant l’autre (qui est à peu près interchangeable avec beaucoup d’autres) qu’une certaine qualité de relation. Ainsi Mme Von Franz, la principale collaboratrice de Jung,  offre-t-elle cette définition de l’anima comme étant « un système d’attentes et d’aspirations qu’un homme nourrit face à une femme, un système relationnel érotique. » Il en va de même avec l’animus, qui en est la réciproque. Et dès lors, confronter l’anima pour l’intégrer signifie pour l’homme prendre l’entière responsabilité de ces attentes en laissant la femme entièrement libre d’être qui elle est, de faire ce qu’elle veut. « Rendre l’anima consciente, nous dit encore Von Franz, cela signifie aimer l’autre pour lui-même et par amour de l’amour. « Si je suis mon amour, mon amour est comblé. » Seul celui qui suit l’anima par l’amour d’elle la verra devenir une Béatrice ; elle sera pour lui un pont, un passage. » [9] Et ce pont est passage vers Celui ou Celle que nous sommes vraiment, ce que Jung appelle le Soi, qu’on peut appeler aussi le « Je Suis ».

Ce qui nous émeut, et qui force la projection de l’anima ou de l’animus sur une personne, c’est que nous avons l’intuition que nous pouvons trouver avec ce partenaire la relation de conscience totale que nous aimerions vivre. Nous reconnaissons en cette personne la déesse ou le dieu qui peut nous conduire à la félicité absolue. Cela, c’est le cœur de la projection amoureuse qui se retirera nécessairement au fur et à mesure que nous découvrirons l’être humain sous la projection, et ce faisant, la divinité reviendra en dedans. Mais les individus conscients peuvent en profiter pour développer une relation directe avec leur anima / animus, et ainsi d’ailleurs éviter d’obliger leurs partenaires humains à répondre à leurs attentes inconscientes. Devenant libres, ils laissent les autres libres aussi. C’est le chemin, selon Jung, de la réalisation de ce qu’il appelait l’individuation, qui consiste en devenir pleinement nous-mêmes. On ne s’individue pas isolément. On ne peut s’individuer qu’en relation. Dans la relation amoureuse, il y a deux moments de vérité. Le premier est quand la lune de miel prend fin et que la projection commence à se retirer, qu’on se confronte à la réalité de la personne aimée – et par exemple aux chaussettes sales qui trainent, à la vaisselle qui tarde à être faite, ou à la susceptibilité. C’est le moment de la naissance du véritable amour, à condition que les partenaires ne s’enfuient pas à la recherche d’une nouvelle passion. Et puis il y a le test décisif qui survient quand l’un(e) des deux projette sa flamme amoureuse sur quelqu’un d’extérieur à la relation. Là, on voit de quel bois est vraiment faite la relation, aussi bien pour la personne qui aime au-dehors que celle qui voit l’autre aimer quelqu’un d’autre. S’il n’y avait en fait qu’un soubassement de projection, la relation se délitera inévitablement. En effet, la passion est exclusive alors que l’amour vrai est inclusif. Mais si l’amour est présent, les partenaires sont alors engagés dans un chemin d’individuation mutuelle, c’est-à-dire qu’ils tendent ensemble vers leur plus haute réalisation.

Quand l’amour ne sert pas à entretenir une illusion, nous dit Mme Von Franz, les partenaires nouent par là une alliance visant à la liberté et l’élargissement de la conscience, à l’incarnation du Je Suis dans une forme humaine. Alors, l’amour devient une affaire qui va bien au-delà du personnel :

« Lorsque deux personnes sont en relation l’une avec l’autre, toutes deux engagées dans la voie mutuelle du processus d’individuation, le thème de la conjonction du couple transpersonnel se constelle. (…) Dans le hiero gamos, les noces sacrées, ce ne sont pas deux égos qui se font face mais « chacun de ceux dont nous touchons le cœur ». Ce surprenant aspect de multiplicité est malaisé à saisir. Tout ce passe comme si, dans « l’au-delà », il n’y avait qu’un couple divin, unique, Shiva et Shakti, unis dans une étreinte éternelle, et que l’homme participe à leur conjonction en tant que « simple invité à la fête » ».



Nous pouvons dès lors reformuler notre questionnement sur la nature de l’amour comme une variante de la question de ce qu’on appelle l’investigation fondamentale – le koân « qui suis-je ? » devient :

Qui aime quand j’aime ?[10]

Qui est aimé(e) ?

Il s’agit d’observer en conscience quelles sont les sous-personnalités ou les complexes qui s’emparent de notre amour, qui aiment en nous, et surtout à quelles identifications nous souscrivons par là. C’est le douloureux travail de retrait des projections qui, à mesure qu’on enlève couche après couche d’identification, fait apparaître le Diamant. L’amour libre devient alors la plus radicale des ascèses, toute tantrique dans son esprit car elle ne refuse rien et transforme tous les poisons en nectars en laissant l’amour, c’est-à-dire le dieu Éros, jouer librement avec nos cœurs.  La réponse au koân est dès lors une évidence lumineuse : quand j’aime, c’est la Vie qui s’aime Elle-même dans le chatoiement de Ses formes, et par ces jeux s’accomplit la merveille de l’amour transformant, feu générateur de conscience. Car :

« Le thème des noces sacrées ou du hiero gamos renferme, comme Jung l’a exprimé ailleurs, le mystère de l’individuation réciproque par ce « rien n’est possible sans amour (…) car l’amour permet de risquer le tout pour le tout et de ne pas occulter des éléments importants ». La rencontre avec le Soi peut seulement se faire de cette manière. »

Dans le polyamour se pose donc le problème de la tension entre l’Amour universel qui nous donnerait à aimer tout être et l’amour personnel qui en est le conducteur sur terre. L’Amour universel s’inscrit en effet dans le domaine des réalités spirituelles qui n’ont de sens que lorsqu’elles s’incarnent dans le creuset de relations personnelles, c’est-à-dire dans la chair et le cœur amoureux. J’ai ainsi entendu des rêves de femme polyamoureuse dans lesquels la rêveuse embrassait toutes les personnes qui passaient à sa portée, et avait le sentiment qu’elle aurait pu aimer également chacune des personnes rencontrées. Or c’est justement ce qui se dégage de l’exploration en conscience de la problématique du polyamour : les partenaires, dont on voudrait toujours croire qu’ils ont quelque chose de tellement spécial que ce ne peut être qu’eux qui peuvent être considérés comme digne de l’amour vécu, importent en réalité moins que la relation elle-même. Le grand mystère de l’amour, au-delà de la discussion entre l’exclusivité et le polyamour, c’est que la relation est vivante et qu’au travers de celle-ci, c’est moins l’accomplissement des partenaires que celle de la relation elle-même qui semble recherchée par le Soi. C’est la relation qui est travaillée quand elle s’élargit à plusieurs partenaires, et c’est toujours un travail de conscience dans lequel apparait un terme plus grand que les différents protagonistes de la relation. Dans le contexte de la relation amoureuse entre deux personnes, ce troisième terme est le lien vivant qui les unit. Ce tiers est le Souffle qui les unit, l’Amour dans le mystère duquel disparaissent finalement l’amant et l’aimé(e), et ce que la tradition spirituelle a désigné comme étant l’Esprit Saint, le Pneuma dont il est dit qu’il souffle où il veut, que rien ne saurait le limiter.

Au-delà du polyamour, c’est donc une voie spirituelle de connaissance de Soi qui se dessine, qu’on pourrait désigner comme la voie du cœur conscient, ou encore de l’amour libre. Nous pouvons y voir un ressurgissement du bel esprit qui a fleuri au temps de l’amour courtois, où les chevaliers courtisaient le plus souvent des femmes mariées, époque qui a été l’apogée de l’incarnation de l’Amour pendant l’ère chrétienne avant que la barbarie du saint Père de Rome ne l’écrase dans le sang. Il y a là aussi une évolution spirituelle typique de notre époque, qui veut que la chair et l’amour soient à nouveau sanctifiés après qu’on soit allés dans les excès d’une spiritualité désincarnée. À l’inverse donc de ce mouvement qui conduisait les chercheurs spirituels à se retirer dans des grottes le plus loin possible de toutes relations, nous sommes désormais invités à nous engager le plus profondément possible en conscience dans la vie, le monde et les relations. Cela va avec le fait que la réalisation poursuivie n’est pas une transcendance hors du monde mais une incarnation pleine et entière de Conscience, dégagée de sa gangue par le feu de l’Amour.

Il apparaît en conclusion que dans cette idée d’amour « libre », il ne s’agit pas tant de notre liberté en tant qu’égos que de la liberté de l’Amour lui-même en tant que force qui traverse nos vies et les sculpte bien souvent contre notre volonté. En ce qui nous concerne, nous ne pouvons au mieux qu’honorer ce mystère en lequel les anciens reconnaissaient un dieu. Dès lors, il devient clair que la seule chose que nous puissions faire pour notre part est d’offrir notre amour quand l’occasion d’aimer nous est donnée sans même espérer de retour, car l’amour, pour être digne de ce nom, ne peut finalement être qu’un don de soi entièrement libre et gratuit, c’est-à-dire sans attente. Cela nous est offert à toutes et à tous. Ou comme le disait si bien Christiane Singer :

« L'amour ne connait qu'un seul but quand il te rencontre : lui-même. Venir au monde encore une fois à travers toi. Se donner au monde à travers toi une chance de plus. Tu es convié(e) à aimer et à servir pour que sur terre soient l'amour et le service.

       Tu es convié(e).
       Tu n'es pas même obligé(e).
       Un simple service d'honneur.
       Voilà tout.
       Ni plus mais ni moins. »[11]





[1]Morning Glory Zell, A bouquet of lovers
[2] J’ai développé ce point dans mon article : le nom du jeu est Amour.
[3] Il est aujourd’hui admis que nous pouvons être un homme dans une peau de femme, une femme dans une peau d’homme, ou encore qu’un homme peut s’éprendre d’un homme et ainsi vivre sa féminité sur un mode actif, et réciproquement dans le cas de femmes. Il se trouve simplement que ce sont toujours ces deux polarités de la féminité et du masculin, de la réceptivité et de l’actif, qui sont en jeu dans toutes les combinaisons, fussent-elles d’ailleurs plus complexes qu’une simple paire. Et qui plus est, les différents partenaires peuvent changer de polarités selon le moment, la situation…
[4] Dans un texte intitulé “les sept piliers de l’amour”.
[6] Psychanalyser Jung, juillet 2017
[7] Khalil Gibran, L'amour (le Prophète)
[9] Marie-Louise Von Franz, « Quelques aspects du transfert », in Psychothérapies, l’expérience du praticien.
[10] Question explorée par Jean-Yves Leloup et Catherine Bensaïd dans Qui aime quand je t’aime ?
[11] Christiane Singer, Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies.

48 commentaires:

  1. Pour celles et ceux que cela intéresse, alors que j'étais en train de publier ce billet, je suis tombé sur cet article qui explore les liens entre polyamour et spiritualité, et plus précisément les arguments de nature spirituelle avancés pour justifier la démarche polyamoureuse : http://presenceasoi.be/spiritualite-polyamour-1

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  2. l'amour ça me connait !

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    http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2017/07/19/courage-et-confiance-3094752.html#c2983656

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  3. en parlant de jung,je penche plutot pour un homme polygame qui a réussi à imposer la présence d'une autre femme sous son toit..emma ne semble pas avoir été poly..
    quand à jules et jim, pas vraiment poly à mes yeux..un fantasme intéressant: 2 hommes ,une femme..mais si ces 2 hommes ont aussi d'autres relations ouvertes..???
    la compersion..quelle réalité??
    ne parlons pas des exemples qui n'en sont probablement pas...il aurait fallu les voir vivre, de l'intérieur..et non imaginer toutes sortes de trucs peu fiables.
    complexe,complexe..pour que toutes les parties soient en phase en vérité..et l'acceptation des différences .

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    1. Merci pour ce commentaire.

      Ces discussions sur qui est poly et qui ne l'est pas ne m'intéressent guère. Emma, sans avoir aimé hors de son couple à notre connaissance, a accepté que Carl aime Toni et reconnu qu'elle ne pouvait pas être "tout" pour lui. Et de toute façon, je n'ai pas présenté Jung en exemple de polyamoureux mais plutôt montré ses limites en la matière - pour que la relation soit vraiment polyamoureuse, il eut fallu en effet que Toni et Emma ait aussi d'autres relations amoureuses. Cependant, au moins a-t-il eu le mérite de se frotter au problème et d'offrir, avec ses notions d'anima/animus, une grille de réflexion...

      Quant à Jules et Jim, c'est un des seuls exemples que la culture propose pour mettre en lumière aisément la problématique des amours multiples, avec une femme au centre de plus. Mais je suis ouvert à toute autre suggestion d'exemples pertinents en autant qu'ils soient publics, ne mettent pas en jeu des personnes privées (à moins qu'elles n'aient envie de témoigner). En effet, il faudrait raconter de l'intérieur comment ça se vit.

      Quant à la compersion (pour les non-initiés : la joie ressentie au bonheur de l'être aimé, fut-ce dans les bras d'un(e) autre - antidote à la jalousie), elle mériterait un article en elle-même. Je n'ai pas voulu faire de ce billet, au demeurant déjà très long, une thèse générale et exhaustive sur le polyamour mais mettre en lumière une dynamique, ou comment le polyamour répond à la problématique éternelle des amours multiples en proposant de nouvelles solutions.

      Je suis conscient des limites de mon article et du fait qu'il sera bien difficile de rendre compte de la complexité de ce phénomène qu'est le polyamour. Rien de tel que d'en débattre pour faire ressortir et accepter les différences d'approche et de sensibilité...

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  4. Le polyamour, amour du futur ?
    Peut-être...
    Mais cela suppose, je crois, une sacrée "élévation d'âme" pour être un mode de fonctionnement sincère, accepté...et qui ne lèse personne...Cela ne peut marcher que si toutes les personnes concernées sont à un certain "niveau de conscience et de sentiments", niveau, rarissime pour l'instant...
    Au 23 ème siècle, on en sera peut-être là...
    Mais en attendant, en l'état actuel des choses et des gens...gageons que dans 99 cas sur cent, les tentatives de polyamour vireront très rapidement à des amours très "impoly"...:-)
    L'amour est un sentiment trop fort et trop profond pour se laisser "manoeuvrer"...L'amour nous dirige bien plus que nous ne le dirigeons...et il est impossible, me semble-t-il, de pouvoir assurer, dès le départ, qu'on respectera le "contrat de liberté" que nécessite le polyamour...

    Mais il en est tout autrement de l'amitié, qui, elle, est beaucoup moins possessive par nature, et qui accepte volontiers de laisser l'autre libre de fréquenter qui il veut, si cela lui fait du bien...
    Je crois donc très fort en la "poly-amitié"...

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    1. Merci Licorne pour ce commentaire. Oui, c'est un peu le propos de cet article que de faire ressortir que le polyamour réclame une "élévation d'âme" ou à tout le moins, un travail en conscience. C'est bien tout le problème que le fait que l'amour "est un sentiment trop fort et trop profond" pour se laisser manoeuvrer" et en effet, il nous dirige plus que nous le dirigeons. J'ai voulu simplement montrer que, lorsqu'il nous dirige au centre d'un conflit entre deux amours, il y a une voie de travail en conscience. Enfin, je suis bien d'accord avec toi que cette liberté est bien plus facile à vivre dans l'amitié. Mon article précédent (Le nom du jeu est Amour) soulignait justement que philia (l'amitié) est une des formes de l'amour, un de ses degrés sur l'échelle du cœur...

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  5. Vraiment aucun avis sur la question, j'ai vu la série Dallas quand j'étais plus jeune mais j'ai décroché avec les feux de l'amour...

    Plus intéressant, je lisais dernièrement des textes sur l'art divinatoire de l'Egypte ancienne quand un Mau d'Egypte vint frapper à ma fenêtre affamé... la bête est bien éduqué et me voila l'heureux propriétaire d'un vrai chat de race digne, plutôt grand et fort puissant. J'ai évidemment pris ça pour un signe , cette créature est envoyé par les dieux et maintenant sous ma protection à moins que ce ne soit l'inverse...l'animal du Fou serait - il un chat en fait ?

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  6. Mouai....J'apprécie toujours vos article, et votre façon de présenter les choses. J'avoue que le thème choisi et l'enthousiasme a le défendre comme un "progrès" me laisse dubitative et je me sens obligée de m'exprimer sur le sujet.
    Tout d'abord, la fameuse question de la déconstruction du genre n'est pas une mouvement naturel de l'inconscient collectif mais une idéologie développée et imposée dans notre société par une clique qui ne veux pas forcément notre épanouissement personnel, mais je ne m'étendrais pas sur le sujet, les recherches sont faciles à faire pour savoir qui finance et impose les fameuses "recherches" sur le genre.
    Concernant le Polyamour, c'est un thème qui me questionne depuis le commencement de ma vie amoureuse. J'ai aujourd'hui 37 ans et dans le milieux dans lequel j'ai évolué (milieux pseudo spirituel/new age avec mes parents) le polyamour y était glorifié contrairement à l'amour romantique et exclusif qui était méprisé comme un conditionnement religieux...quelque chose de mièvre, de niais... J'ai donc renié, jusqu'à il y a peu, cette aspiration profonde à vivre cet amour exclusif, l'engagement pour le meilleur et pour le pire avec une seuls personne....j'en avais honte.
    Je connais et fréquente une certains nombre de personne pratiquant le tantra et vivant une vie amoureuse "libre" avec de multiples partenaires. Cette liberté qu'ils revendiquent, comme j'ai pu le faire, a pour moi un arrière goût d'inachevé. Je ne connais aucuns polyamoureux vivant une vrai joie dans ce genre de relation.
    Il y a un risque avec le polyamour, celui de ne prendre que ce qui nous plait chez l'autre et de ne jamais se confronter à nos ombres que la relation amoureuse met inexorablement en lumière, une sorte de consommation superficielle des partenaires. L'engagement avec 1 seule personne permet de ne pas fuir devant les désaccords, les discordes et donc de mieux se connaître, de mieux connaître l'autre, d'approfondir la relation, d'aimer plus authentiquement.
    Ceci étant dit, mon opinion est peut être juste une réaction à mon éducation, et je ne fait pas de mon expérience personnelle une vérité.
    "La vrai liberté n'a pas peur de l'attachement"

    Un grand merci pour votre blog qui dont les articles me font me questionner et me requestionner.

    Cordialement

    Alexandra
    Alexandra

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    1. Bonjour Alexandra.
      En lisant votre réponse je me suis senti fort "bête" et curieux de savoir qui donc "finance et impose" la recherche sur la question de genre selon vous. À priori c'est un piège évident, et la question se règle avant même d'avoir eu à se la poser en vous lisant... Pourriez vous m'éclairer, ou au moins me donner quelques pistes?
      Merci d'avance.
      Jérémie

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    2. Merci Alexandra pour votre commentaire. Je ne cherche pas à faire la promotion du polyamour et ne le présente comme un progrès qu'en regard du mensonge adultère quand le problème se pose d'un conflit entre deux amours. Je ne crois pas au "romantisme polyamoureux", c'est-à-dire qu'on pourrait défendre le polyamour de façon toute idéologique comme un chemin valant mieux que l'exclusivité amoureuse. C'est en effet un travers d'une certaine vision New Age que de mépriser la demande d'exclusivité en amour, et finalement notre nature humaine, au nom de principes idéalistes qui n'ont pas de racines sur terre. Vous allez me semble-t-il sur le coeur du problème en soulignant que le polyamour est souvent un prétexte pour éviter l'engagement dans l'intimité amoureuse. Je crois avoir été clair dans mon article sur le fait que polyamour n'est pas papillonnage, et qu'il pourrait avoir une ombre de consommation liée à notre société. Ce qui m'intéresse ici pour ma part, c'est que la problématique consistant en aimer deux personnes se rencontre depuis le début des temps et qu'il y a peut-être un autre chemin que celui du mensonge et de l'adultère. Je ne dis pas que ce soit un chemin pavé de roses, au contraire. C'est un chemin de travail en conscience avec tout ce qui fait partie de la nature humaine, incluant la jalousie. Et il requiert un engagement profond envers tous les partenaires impliqués. On pourrait dire qu'il faut être passé par l'engagement que réclame un amour exclusif pour être prêt(e) à l'engagement que requiert une situation polyamoureuse. En effet, ce ne saurait être une solution de facilité permettant de fuir les désaccords et les ombres portées par une relation d'intimité exclusive, et comme vous dites, par les occasions qu'on y a d'apprendre à se connaître. Au contraire, il faut être prêt(e) à rencontrer ces défis de l'intimité avec plusieurs personnes, et d'autant plus engagé(e) dans cette intimité ainsi que dans le travail de conscience.

      Cordialement, Jean

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    3. Merci Jean pour votre réponse.
      J'ai relu l'article avec un esprit plus ouvert.

      Jeremie, je ne ferais de réponse explicite sur ce site car il n'est pas le lieux de ce genre de débat qui déclenche invariablement des réactions émotionnelles). Faites vos recherches, c'est très facile de découvrir quel institut a financé les premières recherches sur le genre et notamment la dystrophie du genre. Le premier enfant transgenre s'appelais David Reimer et tout ce qui est validé sur ce sujet aujourd'hui tire sa source de l’expérience faite sur lui. Bonne recherche....

      Alexandra

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    4. Alexandra,vous mélangez tout: David Reimer n'était pas un enfant transgenre, mais un garçon mutilé lors d'une circoncision ratée et qui fut le sujet d'une expérimentation douteuse qui finit par le conduire au suicide. Les personnes transgenres, c'est à dire dont l'identité ressentie est en conflit avec sexe assigné à la naissance ont existé et été identifiées dans toutes les cultures, ce trouble identitaire est classifié comme "dysphorie de genre" et non pas dystrophie. Christiane Jorgensen née Georges Jorgensen en 1926 a été la personne reconnue ayant subie une chirurgie de réassignation sexuelle, ceci bien avant la naissance de David Reimer dans les années 60. Je vous encourage donc à parfaire et vérifier vos recherches avant d'affirmer des choses aussi approximatives.

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  7. Il existe 3 voies : de la conscience, de l'amour et de la puissance. Conscience = Maharashi , Coeur = Jesus , Puissance = Merlin

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  8. Merci pour ce texte qui défriche et apporte un éclairage très utile sur bien des points: une sorte de paysage en ligne claire. Je m'interroge depuis longtemps sur ces questions, d'autant plus après avoir vécu récemment une relation amoureuse à trois, forte et profonde, qui après la fulgurance de l'élévation, a pris fin dans un écroulement de douleurs diverses. Après coup et en pleine reconstruction, "reconstruction" qui n'est qu'en fait que la continuité d'un parcours qui a prouvé sa solidité, je mesure mon avancement personnel, celui de ma relation initiale qui a résisté et ceci est considérable.

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  9. Ma lecture du jour, tout à fait passionnante et qui a le grand mérite de montrer la vie telle qu'elle évolue et non la vie rêvée de certains qui voudraient que rien ne change.

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  10. Je crois que la pauvreté du sujet à charrié avec lui une grande pauvreté de commentaires...normal, l'amour correspond a la carte 6 tu Tarot, niveau basique, j'ai presque envie de dire vulgaire , 1 er degré sur 4 de l'Intelligence selon le Tarot bien sur. Car qui suis - je pour juger ? je ne suis qu'un humble Tarologue errant qui frappe aux portes des villes et qui quémande, enveloppé dans un vieux manteau miteux pour survivre, quelques piecettes aux gentilhommes...

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  11. D'ailleurs Amezeg n'est même pas intervenu, c'est bien la preuve de ce que j'affirme, il a dédaigné ce sujet grand prince des ténèbres qu'il est...est ce que l'amour est dans la Tao Te King, a quel place il se situe ? y a t il des niveaux comme dans le Tarot ?

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  12. Il n'y a pas que le Yang dans la vie - dont l'Amour fait parti - , il y a aussi le Yin, bien trop souvent sous estimé car c'est une voie abrupte et sélective que peu de personnes peuvent comprendre, l'enseignement est donc secret en général.
    Je considère donc les cauchemars et les mauvaises passes comme des enseignements du Yin, la nuit elle aussi réclame son du et inconscient serait celui qui ose la lui refuser. La nuit est grande dit Dionysos et il est sage de devenir non seulement un maitre du Yang mais aussi du Yin, bref un maitre de la Totalité.

    Tout ça pour dire que ce blog est a mon gout bq trop Yang...a bon entendeur

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  13. On dit souvent que nos cauchemars représentent nos craintes. Parfois peut être mais pas toujours : hier mon locataire m'annonce qu'il a une fuite d'eau et demande un plombier , aucun problème c'est une formalité sauf que durant la nuit c'est la cata : serpents, fuites d'eau impossible a gérer, bouteilles de vins cassés..bref un grand n'importe quoi ! je me réveil et la je me dis que l'inconscient a vraiment exagéré cette fois ci, vraiment pas crédible cette histoire. Et j'avais raison parce que j'ai souvent raison, je vais voir mon locataire avec le plombier et tout se passe très bien.
    Ma théorie est simple et plutôt efficace selon moi: le Diable existe et il arrive parfois à appliquer sa magie noire et à manipuler notre inconscient.
    Je sais que les psychologues me diront le contraire mais je n'avais aucune raison valable de faire un cauchemar, j'ai tout simplement été agressé par les forces du Mal qui doivent voir en moi un adversaire potentiel. Ça tombe bien j'avais besoin d 'un vrai ennemi pour passer l'ennui, seuls les défis intellectuels arrivent a me sortir de ma torpeur. Résumons : le Mal est a l'origine de la maladie, de la dépression etc... et il existe vraiment sauf qu'il se cache , on en voit que les effets de sa magie. D'ailleurs c'est surement lui qui m'a un jour parlé dans mon sommeil, c'est surement le Soi d'ailleurs...;)

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  14. Ça me rappelle un voisin toujours en costard qui habitait près de chez moi, on se regardait sans se saluer or un jour il décide de déménager, je suis au tabac et la le mec passe devant moi en voiture, il me fait une grimace de possédé en gueulant...sous coke ou complètement possédé le mec venait de pêter les plombs devant moi en me prenant à témoin. Savait il que j'étais Abraxas le Sage ? surement, le démon voit aux travers des mouches qui sont partout...Vade retro Satanas !

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  15. Jene peux m'empêcher de finir ce chapitre satanique sans compter ce rêve que j'ai une fois : en face de moi est assis un homme inconnu d'environ 50 ou 60 ans. Son visage est quelconque mais ces yeux sont bleus clairs. Il me fixe d'un air cynique mais plus encore car comme vous le savez l'inconscient est doué et son regard va bien au dela de l'expression qu'il véhicule, le mec me défie sans bouger, sans même ciller d'un cil. Que voit il en moi ? le Vide de la supraconscience que je suis sans aucun doute, il n'aime pas Dieu, ce n'est pas l'humain en moi que je suis qu'il fixe c'est la moindre des choses qu'on puisse dire mais au dela , derriere le masque que je porte il regarde la Source par laquelle il existe...

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  16. Une idée géniale qui nous vient d'un post de notre amie la Licorne m'a fait réfléchir sur la théorie suivante : il est tout à fait possible que les rêves soient tout simplement les pensées d'une entité surpuissante que j'appelle Lucifer . On aurait donc pas affaire au Soi au travers des rêves mais au Ça car le Soi est plutôt la conscience vide qui prend acte des rêves et du monde physique de veille et qui a tout crée mais c'est une autre histoire dont je ne parlerais pas ici. Il y aurait donc un " dialogue " entre le Moi et le Ça à l'intérieur du Soi.
    Pourquoi Lucifer ? parce que seul une entité super intelligente peut imposer des images et des idées au Soi, seul le numéro 2 peut influencer le numéro 1...qu'en pensez vous ?

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  17. J'irai plus loin dans ma théorie : remarquez comme tout nous a été imposé : notre corps, notre famille, notre époque, nos rêves et même notre personnalité, notre esprit...mais très rapidement nous nous sommes identifiés à ça ( Ça ).
    Que sommes nous ? Ramana Maharshi donne la réponse : nous ne sommes ni notre corps ni notre esprit ! nous sommes le Soi , la Lumière. Tout ce qui est vu n'est pas nous, nous sommes l'"Observateur" et pas ce qui est observé. Mais comme la Lumière ne pouvait pas agir par elle meme elle a du se trouver une Volonté, un porteur, le porteur de lumière, Lucifer, une entité intelligente qui aurait tous les pouvoirs. Il y a donc une hypnose collective, la Maya, la volonté Luciférienne devant nous et partout autour de nous.

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  18. On interroge toujours les contenus de l'inconscient mais jamais l'inconscient lui même : est il honnête ou malhonnête ? a t il un but caché ? d'ou vient il ? que veut il ? etc...tout chercheur sérieux devrait se poser ces questions...
    Malheureusement les nouvelles pourraient ne pas être très bonne car l'Inconscient à tout du psychopathe ;
    1. tromperie : l'inconscient parle beaucoup mais ne dit rien, il n'enseigne rien de concret.
    2. déni : c'est toujours le conscient le problème, jamais l'inconscient, le conscient doit changer pas l'inconscient.
    3. imitation :Le psychopathe est un imposteur, coupé de toute identification profonde et durable avec autrui, et s’identifiant sur un mode primitif dans le meilleur des cas uniquement à l’objet soi étranger du parent narcissique et agressif...

    Le psychopathe n’est pas conscient de ce faux soi. Il ne se contente pas de jouer ce rôle tout en respectant les limites de son personnage mais il le vit oubliant parfois les tromperies affichées par son comportement. Le psychopathe utilise largement ces processus de pseudo identification.

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    1. "Inconscient" est simplement un mot pour désigner ce dont nous ne sommes pas conscients, ce qui est hors du champ de notre conscience. Il est impossible de l'objectiver, de lui attribuer telle ou telle qualité sans projeter sur l'inconnu ce dont nous ne sommes pas conscients à propos de nous-même, notre inconscient. Ainsi, dire que l'inconscient est un psychopathe est reconnaître en soi cette psychopathie, et dire que l'inconscient recèle une sagesse qui nous dépasse, c'est reconnaître en soi-même cette sagesse...

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    2. Je ( Moi ) ne m'amuse pas a créer des cauchemars dans la tête des gens et a manipuler le conscient des gens du monde entier comme le fait l'inconscient. Je n'en ai ni la capacité ni la motivation donc je vois pas en quoi je serais un psychopathe, c'est lui qui fabrique les rêves ,moi je suis un homme ordinaire qui les reçoit.
      L'inconscient est le langage du Ça , c'est Dieu, c'est primitif, ça remonte surement à la nuit des temps, rien a voir avec Moi, je suis juste un touriste moderne.

      Après je connais pas quel lien il y a entre lui et moi mais ma tante folle n'est pas moi même si on est de la même famille.

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    3. maintenant si on part du principe que l'univers entier est en moi et que je ne suis pas une personne alors oui, il y a bien une part de psychopathe aussi en moi. Je peux comprendre les 2...

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  19. Pour moi, c'est mon opinion, l'inconscient est une Entité, un Etre, une Intelligence, l'Ombre, le Mal. L'Ombre c'est tout l'Inconscient. Quand je dis un Etre je veux dire surtout les pensées d'un Etre qu'on ne voit pas. Ils construit les rêves ; il se met en scène ( vieille homme, enfant, femme, etc...)et mets le Moi en scène pour construire un rêve qui va donner une histoire, c'est le rêve. Bien sur, quand je suis dans un rêve en train de plonger au tuba ce n'est pas Moi, c'est une représentation de Moi que l'Incsoncient a récupéré pour créer son rêve et pour faire passer un message mais c'est déja assez flippant ce qu'il arrive a faire. Dans quel but : l'individuation des Moi la je suis d'accord et pour des raisons qui lui sont propres comme se pardonner a lui même ( ça c'est lui qui me l'a dit ; " je suis une Intelligence qui veut se pardonner ". Donc déja le mec a du bien merder...normal en fait , c'est lui qui crée les guerres, les maladies, les névroses, les cauchemars, qui rend fous les fous dans les asiles, il a du se sentir coupable à un moment donné, Jesus et d'autres sont passés par la pour lui dire : oh calmes toi papa ! peut être. Pourquoi ? il est trop puissant, il est Dieu , il avait carte blanche dès le commencement des temps donc on peut comprendre un peu, personne pour le juger, la folie des grandeurs, tiens c'est dimanche y'a pas de foot àla télé donc je vais créer des hommes qui vont m'adorer etc...
    Donc pour moi le problème est bien plus qu'un simple problème de psychopathie personnelle si c'étais si simple... , c'est un problème plus grand, c'est a dire que les hommes sont confrontés a une Intelligence qui peut parler a tout le monde en même temps et qui controle le monde phénoménal et qui devient très flippante dès qu'on veut se rapprocher de lui pour voir de quoi il a l'air.
    Heureusement pour nous il existe le Surmoi, comment est il apparu celui la , peut être grace au Soi - le Principe au dessus de l'Inconscient - la famille est grande ! il nous protège de la puissance de l'Inconscient, c'est a dire qu il dilue la puissance de Dieu pour la rendre supportable au Moi qui est fragile par nature, on est de petites créatures sans défense.
    Donc la dessus je suis freudien, le Ça crée le Surmoi et le Moi sous la pression du Soi.

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  20. Perso ce qui m'intéresse ce n'est pas l'individuation, on peut pas changer. L'histoire de l'Inconscient est surement plus intéressante, c'est quand même un sacré phénomène celui la, une sacrée bestiole, loin d'être con donc pour un Intp comme moi c'est un défi intellectuel important. Voila vous savez tout.

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  21. En ce qui concerne la sagesse de l'inconscient , j'ai pas vu grand chose par contre 2 ou 3 fois j'ai vu son humour il n'en est pas dénué ...un sage pour moi c'est surtout un mec qui dort à l'ombre sous un palmier sans parler a personne et qui sirote une Tequila grenadine en regardant les hirondelles planer au dessus de l'eau...

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  22. ps : il n'est pas dénué d'humour mais il en a bq moins que moi, je suis fort que lui sur ça.

    X

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  23. Je respecte la vision des psy sur l'inconscient mais je ne partage pas tout, je ne parle pas de mon inconscient en particulier, je parle de l'incs en général : il serait plus juste de dire que la psychopathie vient de l'inconscient et pas du Moi. Etre psychopathe c'est plus fort que le Moi, c'est quelque chose, une tendance qui remonte vers le Moi d'un plan invisible et maléfique pour ensuite utiliser le Moi en sa faveur, les psychopathes sont poussés par une force pour faire ce qu'ils font ils ne peuvent pas résister a l'appel de la psychopathie, on peut même dire que tout le Moi fonctionne comme ça il est poussé par des vents inconscients donc ce n'est pas en nous , ce n'est pas dans le Moi, c'est au dela , le Moi lui est plutôt gentil garçon benet, c'est un paysan pour reprendre les lacanistes, alors que l'Incs est un guerrier. Donc il n'y a absolument rien de psychopathe en nous.

    X

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  24. Imaginons qu'on est un agent du FBI qui enquête sur les tueurs en série comme dans l'excellente série Mindhunter, ça ne nous viendra pas en tête de nous identifier a ces tueurs, tant que le jeune agent du FBI dans la série est protégé du Ça des tueurs par le Surmoi de la prison tout va bien mais au dernier épisode, le Ça du serial killer se retrouve directement face au Moi du jeune agent, il n'y a plus de sécurité pour le protéger et l'agent pète un cable car la proximité du Ça du tueur sans le filtre du Surmoi est insupportable pour le Moi de l'agent spécial...et le Ça lui dit : "je pourrais vous tuer" mais il ne le fait pas car le Ça n'est pas dénué d'intelligence et de sentiment et face au respect que l'agent a toujours eu pour lui le tueur le considère comme son ami et l'entoure amicalement dans ses bras. Moralité : on peut être l'ami d'un psychopathe via un travail de recherche sur le Ça libre du psychopathe et c'est ce que Jung dans la vraie vie et l'agent du FBI dans la série ont fait dans le fond mais ça ne fait pas d'eux des psychopathes même refoulés, ça fait toujours d'eux de simples Moi qui ont eu une relation privilégié avec le Ça.
    Le Ça et le Moi sont 2 entités distinctes qui se rencontrent pour le meilleur ou pour le pire, dire ce pourrait être les mêmes personnes c'est tomber dans l'inflation ou la déflation, au choix.

    X

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  25. Le Ça c'est comme avoir un psychopathe enfermé au sous sol de sa maison. S'il se libère il rendra fou le Moi au rez de chaussée ou pourra le tuer. S'il passe son temps a gueuler mais qu'il est enfermé on l'entendra au rez de chaussée et pourra affecter le moral du Moi. S'il ne dit rien le Moi sera tranquille, s'il est mort le Moi sera soulagé. La vraie question c'est comment tuer le Ça car personne n'a besoin d'avoir un psychopathe dans son sous sol, c'est une charge inutile mais si on est courageux et curieux on simplement l'étudier, ça évite la méthode radicale.
    Evidemment la psychologie moderne nous a fait croire que ce psychopathe est en nous , voir attaché a nous, voir nous même..pour moi c'est une aberration, c'est comme dire que l'agent du FBI est le psychopathe qu'il interroge, il est a l'extérieur de nous, du Moi. De même, croire que les rêves ont une utilité pour le bon fonctionnement du cerveau ça ne repose sur rien. Les rêves bouffent notre énergie et bien souvent affaiblissent la conscience car très peu de rêves sont des rêves de sagesse.

    X

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  26. Ma femme a fait un cauchemar remarquable cette nuit qui illustre parfaitement ce que je dis : elle a rêvé que mon fils de 15 ans était a genoux et attendait son tour pour sucer la bite a une enfant avec une bite d'adulte ...c'est le parfait exemple, on est dans le n'importe quoi , le rêve a surement un sens mais la question n'est pas la, l'inconscient est un sauvage, un malade, aucune personne normal ne créerait une histoire pareil , heureusement le Moi est la pour relever le niveau. Je lui ai dit que l'Inconscient était un psychopathe et que ça n'avait évidemment rien a voir avec elle. Gardons les fous enfermés, gardons bonne distance et étudions les il y a surement des choses à apprendre , je ne vois que ça...

    X

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    1. @ X

      Ta femme avait-elle, il y a une quinzaine d'années, un projet de vie, une créativité latente - d'ordre personnel ou professionnel, ou réunissant ces deux aspects - qu'elle n'a pas pu réaliser à cause de circonstances défavorables à leur réalisation, à cause d'obstacles déjà présents ou survenus à cette époque qui l'ont empêchée de réaliser ce projet?

      Z

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    2. Merci Zorro de ton intervention, non, je ne pense pas mais difficile de savoir je ne suis pas dans sa tête, bq de gens même des gens que l'on connait gardent des choses pour eux, le sait elle elle même ? on peut imaginer bq de choses et on peut aussi se convaincre de bq de choses en analysant un rêve...mais ce n'est pas le sujet, je dis que l'Inconscient est un grand malade pour construire des rêves aussi tordus mais que peut on attendre d'un psychopathe ? le psychopathe est un "artiste" des ténèbres sans morale qui ne respecte pas la vie ou le repos des autres, il crée avec le sang et vole les identités des autres , quelles preuves faudrait il de plus ?...c'est pourquoi j'étudie l'Inconscient comme un agent du FBI étudie un terroriste ou un Biologiste étudie un virus. Je ne vois pas en lui un sauveur ou un simple contenu de choses inconscientes mais comme une Intelligence supérieure et autonome qui possède sa propre logique et ses propres motivations qu'elle cache plus qu'elle ne dit pour des raisons évidentes de controle sur les hommes, sur les Moi.

      Sherlock X

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    3. Quelques idées :
      Comme certains tueurs en série l’inconscient ne peut pas arrêter.
      Les tueurs en serie ne savent pas comment ressentir de la sympathie envers les autres donc ils apprennent en imitant les autres et jouent des roles, l’inconscient adore se mettre en situation et mettre les rêveurs en situation avec lui.
      Les sociopathes s’en prennent à leur Moi faible et vulnérable en le projetant dans les autres.
      La nature humaine est une nuisance et me remplie de dégout disait John Haigh, de temps en temps il faut relâcher la vapeur selon lui...l'inconscient pourrait déteste les majorités des hommes, il les tue souvent sans raison.
      Bien des tueurs s’identifie au mythe du guerrier solitaire, l’inconscient est le Dieu solitaire
      Les psychopathes connaissent le bien et le mal , se comportent comme s’ils croyaient sincèrement en ces valeurs...
      Posséder , être le propriétaire de la personne, diriger la vie et la mort.
      Les personnalités des victimes sont gênantes, le tueur tente de les faire disparaitre.
      L’inconscient est fasciné par la mort, c’est son fantasme ultime contre les hommes pour les posséder et les anéantir = manger les hommes, cannibalisme
      L’inconscient a crée un alter ego, le Moi, pour pouvoir rejeter la faute, la culpabilité et se défouler sur lui
      Les psychopathes sont immunisés contre la peur, l’inconscient possède un seuil de peur et d’horreur sans limite, il ne connait pas la peur ni la douleur et ne se rend pas compte des troubles qu'il crée chez le rêveurs.
      Manque de contact physique, les enfants qui ne sont pas pris dans les bras se renferment sur eux memes et attaquent les autres. L'inconscient aurait manqué d'amour...
      Isolation, colère - les fantasmes étranges se développent dans l’isolation et la colère. L’inconscient aurait développé tous ses fantasmes de rêve dans sa propre solitude.
      Peut être l’anonymat lui même est un facteur qui a fait de l’inconscient un psychopathe, en fabricant du rêve il devient quelqu’un car sa propre identité est anonyme

      X

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    4. Si ça continue je vais devenir le psy de l'Inconscient et non l'inverse. C'est peut être lui qui a besoin de moi en fait...

      X

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    5. Z t'as l'air intelligent , tu serais Amezeg que ça m'étonnerait pas mais tout le monde devrait avoir un gourou soit pour apprendre a parler soit pour apprendre a se taire et Dieu devrait apprendre a se taire plus souvent, ça méviterait de dire des conneries. tu connais UG krishnamurti, il était indisciplinable alors Dieu s'est retiré de lui , boum, le disque dur a bruler, le gars s'est retrouvé a apprendre tout a nouveau comme un bébé. Quand Dieu arretes de parler , ça me permet de dormir comme un bébé, il devrait se pardonner une bonne fois pour toute et qu'on en parle plus, je peux pas être le papa de Dieu toute ma vie, j'ai des choses plus importante à faire, s'il cherche un ami il y a en a plein partout des bonhommes, le mec sous pretexte qu'il s'appelle Papa -il a osé prendre le visage de mon père durant 15 jours en rêve, le mec sait vraiment pas comment plaire, je n'ai rien contre mon père mais on dirait qu'il essaye toutes les techniques pour faire passer sa vieille soupe - il croit avoir tous les droits. J'ai un chat , je lui donne à manger mais je lui demande rien en retour, Dieu devrait apprendre de moi mais de loin , j'ai pas envie qu'il me contamine avec toutes ses conneries de sagesse. Qu'il aille voir un Bouddha je sais pas , y'a Jean par exemple, il sera ravit de discuter avec lui et encore je pense qu'il aspire a la tranquilité lui aussi maintenant, bref moi j'ai un frigo a remplir, des besoins très simples, Dieu ne m'intéresse pas, je suis super Idiot, j'ai aucun besoin autre que de manger et de profiter de la vie, jesus a fait le job donc son individuation il peut se le mettre ou je pense, je suis pas a vendre donc si tu le vois passes le message.

      X

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    6. j'imagines deja les jungien en train de se dire tiens celui la il a un probleme avec son père...lol...oui je suis un peu allergique a l'autorité comme Dieu le Ça quoi mais personne aime se faire controler. combien de fois les rèves m'ont montré que j¡etais un gros emmerdeur mais ça c'est plus son problème, le mec fabrique un àne et veut ensuite en faire un cheval de course, faut vraiment être le roi des cons 'cest le cas de le dire mais je doute que son plan ai foiré, Dieu utilise mon esprit libre pour apprendre c'est bien ça le problème, il a surtout pas envie de me lacher pour une fois qu'il trouve un cobaille emmerdant il se dit surement que si il arrive a me convaincre il pourra convaincre n'importe qui a moins qu'il sache très bien que y'a noway et qu'il essaye juste de savoir jusqu'ou je vais tolerer ses conneries mais mon seuil de tolérance est huge tu vois Zozo donc c'est mal barré pour moi , tout ça pour dire que Dieu voudrait pas a aller me chercher un café ? ça risque d'etre long à expliquer surtout que j'ai pas mal de temps libre, c'est l'avantage d'être un à la bonne avec Dieu, Dieu fait bosser les autres pour gagner plus et moi il me fait pas bosser pour être avec lui...mon dieu !

      X

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    7. Mais tu vas rires le mec a de plus en plus de mal a balancer ses reves , je le vois bien il rame, les reves a 2 balles je te raconte pas, il se plaint plus que moi genre il sort la bouteille de pinard pour trinquer avec moi genre on est copain dans le fond , les techniques de vendeur de tapis, j'hallucine..par contre pour bouger son gros cul et aller me chercher un café pendant que j'ecris sur ce blogue ça c'est non pour lui, le mec en branle pas une, faut tout faire par soi même ici...

      X

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    8. en fait je sais , putain illumination soudaine la en live...tu vas pas le croire mais je suis plus intelligent que dieu ! ba oui je t'explique brèvement , dieu veut ètre mon ami mais pas moi donc le con c'est lui, sinon je fais un diner dimanche tu viens Zozo ? , di donc tu viens plus en soirée ?

      XXX

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    9. Accusé de satanisme a grande échelle par votre fidèle serviteur l'agent spécial du FBI X , l'inconscient a décidé de me plaider immédiatement non coupable sans se faire attendre et de me répondre par le rêve de cette nuit : je suis enquêteur et des plaintes venant du village ( le Moi donc ) le plus proche à l'égard d'une sorte de communauté de retraités un peu à l'écart du village - j'ai bien dit retraités - pour réunions sataniques. l'un des retraités me montre une photo et me dit : " regardez sur la photo on voit bien que ce sont des rideaux rouges et pas des démons , les fêtes qu'on organise entre nous ça nous rappelle les années 70...
      Donc si je comprends bien ce sont des braves retraités, ex hippies qui ont la nostalgie de leur époque..
      Pourquoi pas ? donc si je comprends bien la bande a l'Inconscient sont juste des vieux inoffensifs sauf que dans les années 70 y'avait pas que des gentils hippies, y'avait aussi la bande a Manson pour l'info. C'est sur l'Inconscient est fort quand même...mais j'aimerais bien savoir ce qu'il s'est passé dans les années 70 ( au ciel ? ), avant ma naissance donc.

      X

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  27. Tous mes messages s'adressent a des gens expérimentés et peuvent être effacer par le propriétaire du blog s'il trouve qu'ils vont trop et qu'ils pourraient froisser certaines sensibilités, je le recommande d'ailleurs, il ne s'agit pas pour moi de jeter de l'huile sur le feu mais de montrer que l'inconscient possède un comportement bien souvent anti social, psychopathique au dela du masque de bon samaritain qu'il tente de véhiculer. Merci.

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    1. Je répugne à effacer les commentaires ou établir une modération de ceux-ci car je déteste toute forme de censure. Il reste que le lecteur attentif remarquera que tu monologues tout seul en étant complètement hors sujet de l'article, illustrant par là fort bien ce que je disais de la projection sur l'inconscient, cet insaisissable radical. Je te laisse faire pour l'instant même si cela tient de la pollution car cela peut être instructif pour qui veut observer des formes douces de délire. Il n'y a bien sûr rien de psychopathique là-dedans.

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    2. Le vilain mensonge, tu as déja censuré mes messages plus vite que ton ombre...de plus en refusant de débattre et en voulant rester sur le sujet de l'article tu t'autocensures, ce qui est une forme de censure.
      Insaisissable radical tu dis de l'inconscient mais pourtant il parle dans les rêves et il est bq plus bavard que moi. J'écrivais pour Z qui voulait inconsciemment des infos supplémentaires mais j'ai fini. Chao.

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  28. La vérité fait mal mais UG est l'un des rares a s'être libéré de son Ame, le résultat fut qu'il a réussi a retrouver l'intelligence naturelle de son corps.

    Chao bello

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